L'héritage Shodokan
Il y a de ces héritages qui imposent de la fierté et une grande
responsabilité à ceux qui les reçoivent. Celui que je dépeins ici est
le témoignage d'une confiance établie entre mon senseï et moi-même,
confiance acquise au terme d'un engagement total et fidèle, bâtie sur
quinze années de pratique auprès de la famille Okada.
Loin de vouloir dresser un portrait, difficilement exhaustif par
ailleurs, de mon parcours de kendoka, l'historique qui suit n'a pas
d'autre vocation que d'expliciter le nom du Shodokan Alsace. Il en
éclaire par conséquent le sens, sa valeur et l'importance qu'il trouve
à mes yeux car il est le fruit d'une volonté incroyablement humaniste
forgé par des hommes, persuadés que le kendo peut faire éclore le
meilleur qui existe en chacun de nous. En voici brièvement son histoire
:
On le dirait à moins, le kendo, demeure un élément essentiel dans la
vie d'un être humain. Au-delà de ce doux euphémisme que confère cette
révélation et dont je suis moi-même le premier convaincu, cette
perspective ne trouve néanmoins de sens qu'à l'unique condition d'être
guidé par un bon senseï, et ce, dans un lieu favorable à
l'épanouissement de cet art.
Alors, si pour moi, le kendo apparut très vite comme une évidence,
-phénomène aussi inexplicable qu'organique- l'absence d'un senseï
véritable et d'un dojo contituaient un frein important à ma volonté de
grandir au coeur de cette discipline.
C'est en juillet 1986, après un peu plus de dix ans de pratique, que se
produit mon premier électrochoc au moment où Ô senseï Okada Yasuhiko,
père de Okada Morimasa, actuel directeur du Shodokan Tokyo et fils de Ô
Sanseï Okada Morihiro, fondateur dudit dojo, dirige un stage à
Magnanville, chef-lieu des Yvelines. De cette expérience jaillit
l'espoir de combler ces manques.
Un an plus tard, la rencontre avec Okada Morimasa au stgae de Val
d'Isère, confirme définitivement mon désir de suivre leur enseignement. En
92, baluchon sur le dos, je m'envole vers la maison-mère, le shodokan
de Tokyo et deviens disciple de Okada Morimasa senseï.L'expérience intense que j'y vis est sans appel, ma vision du kendo, boulversée à jamais.
Si avril 2005 marque déjà mon quatrième séjour au Japon, il va
également marquer un tournant important dans ma vie. Alors que depuis
quelques années, mon dojo de Mutzig s'efforce de trouver ses marques,
et emboîte le pas d'un kendo traditionnel, Okada Morimasa senseï honore
mon dojo en lui attribuant le nom de Shodokan. Ce passage de témoin,
flambeau d'une confiance qui dépasse les frontières et achève le chemin
entre Tokyo et Mutzig me place sur un nouveau départ. La logique paraît
néanmoins respectée puisqu'il n'existe d'impasse dans le kendo.
Shodokan Vendée
Entraîné par le tourbillon de la vie comme on l'est
par le rythme d'un kakarigeiko, me voilà en Vendée prés des Sables d'Olonne.
De
la même manière que le premier men d'un kakarigeiko conditionne la suite et
reste le plus important, le Shodokan Vendée est la suite logique du Shodokan
Alsace dont la référence demeure le Shodokan de Tokyo.
Jacques Muller